
Le journal d'entraînement
Verbaliser ton vécu pour mieux performer en une minute par jour.
Tu rentres d'un entraînement. Jambes lourdes, moral en vrac. Tu sais que ça t'a coûté. Tu ne sais pas vraiment pourquoi. Une semaine plus tard, tu ne te souviens même plus de ce que tu as ressenti. Pas du détail. Pas de ce qui t'a aidée à tenir, ni de ce qui t'a fait flancher. Et la prochaine fois que tu pars sur le même format, tu repars d'une page blanche. Ce que tu vis à l'entraînement est ta matière première. Mais sans mots posés dessus, elle reste un brouillon.
Je vais t'expliquer ici pourquoi écrire ce que tu vis transforme une expérience floue en savoir réutilisable. Et comment commencer demain matin, en une minute par jour!
S'observer pour avancer
Observer et verbaliser ses propres pensées, sensations et comportements, pendant ou après l'action, c'est une vraie compétence. Et comme toute compétence, elle s'entraîne. Avec ton journal, tu construis une base de données personnelle. Au bout d'un mois, tu n'as plus des impressions, mais du concret. Tu repères que tu décroches juste après un exercice difficile sur la poutre, que tu te sens forte les jours où tu as bien mangé la veille, que tes meilleures sorties commencent toutes par une difficulté que tu as choisi d'accepter.
Qu'est-ce que je note dans mon journal?
C'est toi, seule ou avec ta préparatrice mentale, qui choisis ce que tu suis et ce que tu notes, en fonction de ce qui a du sens pour ton évolution. Ce que je vois chez les athlètes que j'accompagne, c'est que le journal sert trois choses en priorité. D'abord, il transforme chaque séance en analyse : ce qui t'a aidée, ce qui t'a perturbée, et au bout de quelques semaines tu as une vraie liste de ce qui fonctionne pour toi. Ensuite, il ancre tes réussites. Pas les podiums, les petites victoires : la côte montée sans marcher, la sortie tenue malgré le vent, le gel enfin passé sans crampes. C'est ta meilleure défense les jours de doute. Enfin, il t'aide à comprendre et réguler tes émotions. Poser des mots sur ce qui t'a frustrée, sur ce que tu t'es dit de tes propres limites, c'est déjà solder une partie de la charge. Et comprendre ses émotions, c'est une vraie force pour avancer avec, plutôt que contre.
Comment commencer demain?
Le piège, avec un journal, c'est d'en faire trop d'un coup. Tu te crées un tableau à quinze colonnes, tu le remplis trois fois, puis tu lâches. Pour éviter ça, démarre minimaliste.
Si tu ne devais retenir qu'une seule question, ce serait celle-ci : qu'est-ce que j'ai fait qui m'a aidée mentalement dans mon entraînement aujourd'hui ? Elle est puissante parce qu'elle te place dans l'action (ce que tu as fait, pas ce qui t'est arrivé) et qu'elle cible directement le mental.
Choisis le format le plus simple pour toi. Carnet papier au pied du lit, notes du téléphone, partie "notes privées" de Strava ou ton app de sport. Le meilleur outil est celui que tu utilises vraiment. Inutile d'acheter un beau carnet relié si tu remplis tout depuis ton téléphone après la douche.
Petit à petit, tu verras si d'autres thématiques méritent d'être intégrées. Ça dépend de toi, de ton objectif, de ce que tu travailles maintenant. Si tu as tendance à ruminer, tu peux par exemple chercher un aspect positif dans chaque entraînement. Si ton sommeil influence tes séances, tu peux noter ton humeur de 1 à 5 avant et après l'entraînement, et la qualité de la nuit précédente. Les possibilités sont infinies.
Attention à la façon dont tu notes les aspects négatifs!
Quand tu notes du négatif, fais attention à la formulation. Écrire "j'étais lente" ou "j'étais nul", c'est attribuer à ton identité ce qui n'est qu'un événement ponctuel. Répété entrée après entrée, ça finit par sculpter une image de toi qui n'a rien à voir avec la réalité. Le conseil pratique : à chaque fois que tu notes quelque chose de négatif, retravaille-le en deux temps. D'abord, recadre l'événement, pas l'identité. Pas "j'étais lente" mais "aujourd'hui je n'ai pas tenu l'allure espérée". Ensuite, ajoute une réussite, même petite : "...mais j'ai réussi à finir en restant régulière sur la fin".
Le journal n'est pas non plus une obligation. Le jour où tu le remplis par devoir, en cochant une case, il a perdu son intérêt. Mieux vaut une question posée trois fois par semaine avec attention que sept entrées bâclées.
Et pour les enfants ?
Le journal d'entraînement n'est pas réservé aux adultes. Les enfants peuvent le pratiquer dès qu'ils savent écrire un peu, à condition d'adapter le format. Pas un tableau à dix colonnes. Un format hebdomadaire, visuel, court. Concrètement, ça peut être trois éléments par semaine. Colorier une étoile sur trois pour chaque entraînement (1 bof, 2 ok, 3 super). Et un cadre libre pour dessiner ou écrire "une chose chouette" de la semaine au sport. L'objectif n'est pas l'auto-analyse fine. C'est l'éducation à la conscience de soi, à un âge où elle se construit. C'est aussi une belle manière de garder une trace de ses réussites et de ses apprentissages. On apprend à l'enfant à prêter attention à son ressenti, à repérer ce qui s'est bien passé, à mettre des mots dessus.
Le journal, et puis la compétition...
Comme tu l'as compris, mettre des mots sur ce que tu vis à l'entraînement, c'est ce qui transforme tes heures de pratique en savoir réutilisable, séance après séance. Et le jour de la course, ce travail régulier prend une dimension particulière. Quand le doute s'installe, tu n'as plus à chercher dans le brouillard ce qui pourrait t'aider. Tu as un répertoire. Tu sais ce qui marche pour toi, tu sais que tu as déjà tenu dans pire, et tu sais comment. Ce que tu as écrit pendant des semaines redevient utilisable en quelques secondes, exactement quand tu en as besoin.
Si tu veux construire un journal adapté à ton sport, à ton niveau et à ton objectif, écris-moi et je te transmets un modèle gratuit directement dans ta boîte email.
Emilie, Préparatrice Mentale.
